Bon séchage du bois de chauffage

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30 novembre 2010 (première publication)

Séchage de stères de hêtre dans les Vosges du Nord. En arrière plan : feuillage tendre de jeunes hêtres

Séchage du bois de chauffage : l’expérience d’une vie d’un forestier habitant à l’orée de la forêt de la Petite Pierre

(67, Vosges du Nord).

Par Richard Hamm, forestier retraité ; adjoint au maire chargé de l’environnement de la ville d’Illkirch - Graffenstaden (agglomération de Strasbourg).

Adaptation article en ligne cap 2024 : Didier Carbiener

1973 : L’alimentation des poêles à bois traditionnels, une activité d’échauffement en elle-même!

La maison forestière de la Petite Pierre que nous avons commencé à habiter en août 1973 n’avait pas d’installation de chauffage central. Nous chauffions la cuisine avec des poêles à bois de type « Président » de Dietrich. Les pièces étaient équipées de deux poêles en faïence alsaciens qui faisaient environ 1, 50 m de haut et 70-80 cm de large chacun.

A part, l’effort physique d’approvisionner ces poêles, les « Président » avaient l’inconvénient de ne pas tenir la chaleur longtemps. Ils se refroidissaient aussi vite qu’ils montaient en chaleur intense.

Les poêles en faïence ne tenaient que quelques heures, leur poids et leur encombrement étant trop menus. De plus, ces poêles, surtout les faïences, avaient de tout petits foyers ce qui nécessitait de fendre le bois en très faible dimensions (20 cm.) et d’alimenter souvent.

1977 : l’arrivé du confort…mais sans isolation

En 1977, nous avons été équipés avec une installation de chauffage central alimentée par une chaudière à bois et une seconde chaudière au mazout couplée. Ce fut la découverte du grand confort !

La première année nous avons dû consommer 40 stères!

Est-ce parce que la maison était un peu humide, entièrement en grès, très exposée au vent dans une région assez froide ?

1978 : Une modeste isolation diminue la consommation de bois par 2

Un an après nous avons isolé le sol du grenier avec 10 cm de laine de verre, surmontée d’un plancher de bois permettant de marcher dessus. Le prochain hiver nous avons déjà nettement réduit notre consommation. Les années suivantes, environ 25 stères pourvoyaient à la consommation de croisière. L’isolation a joué, mais ce qui a aussi joué, c’était que nous avions toujours du très bon bois.

Essence et coupe du bois de chauffage

D’abord l’essence : du hêtre en général, parfois un peu de charme, et du chêne.

Puis, son type : « du quartier », c’est à dire entièrement fendu.

Ensuite, ce bois a toujours été coupé hors sève et stocké un minimum de temps en forêt.

Car plus il reste en forêt, plus l’ombrage des feuilles maintient une humidité qui s’imprègne dans le bois.

Il faut toujours sortir le bois enstéré avant les feuilles ou peu après, avant les pluies de printemps en tout les cas.

Ensuite le bois de hêtre ou de charme était stocké une bonne année en plein vent et soleil. Il était isolé du sol par d’épaisses perches de bois ou du bois scié : 10 cm au moins qui permettaient aussi une ventilation par le bas.

Recouvert de tôles, il était à l’abri de la pluie en veillant à ne pas laisser se former des gouttières d’écoulement qui humidifieraient l’intérieur de la pile.

Puis, il était coupé en morceaux de 33 cm (deux traits de scie sur un mètre) et rentré dans un hangar à bois ventilé. Il était rangé de façon à ce que l’air pouvait toujours encore circuler facilement et partout entre les piles de bois verticales.

Grâce à un écartement entre les piles de quelques cm et isolées du sol par des perches de bois ou une épaisseur d’écorce substantielle.

C’est là qu’il était cherché pour le chauffage de l’hiver qui venait. Comme il restait toujours un peu de bois de la saison de chauffe précédente, le temps qui s’écoulait du moment où le bois était coupé et le début du chauffage avec ce bois, était de deux ans environ. Ceci pour du hêtre ou du charme.

Pour du chêne il faut le laisser sécher 3 ans en plein air. Exception de cette essence riche en tanins : il doit être non couvert, exposé aux intempéries durant trois ans, afin de « lessiver les tanins qui nuisent à la combustion. Il faut que l’écorce se détache entièrement.

Ensuite, il faut le couper et le rentrer dans le hangar à bois (bien ventilé) et l’y laisser encore sécher un an avant de commencer à le brûler.

Le temps qui s’écoule entre le début du stockage et le début du chauffage pour le chêne est de 4 ans (minimum) !!

Les autres bois à tanin, comme le châtaignier, nécessitent le même traitement.

Clin d’œil : Le bois sec montre des fentes sur les coupes, c’est un indice de séchage !

Gare à l’inexpérience de séchage

Trop de gens n’ont pas cette patience et cette rigueur et brûlent du chêne trop tôt. Ils génèrent une intense pollution de l’air par la combustion de bois humide et riche en tanins qui encrassent leur appareil de chauffage par le bistre produit.

De plus, le rendement est exécrable, du fait de l’excès d’humidité.

Les gens impatients en sont pour leurs frais. Ils sont perdants sur tous les fronts : faible rendement, pollution de l’air, encrassage et même détérioration de la chaudière ou du poêle et de la cheminée.

A titre d’exemple, notre chaudière, de type Wissmann acier, a très bien fonctionné de 1977 à 1995 sous notre conduite, tout au long de l’année. Hiver comme été, pour l’eau chaude, un feu tous les deux trois jours car malheureusement pas de réservoir tampon. Soit 18 ans sans aucun problème, sauf la grille qui s’est tordue et un peu effondrée sous la chaleur dès les premières années, inconvénient qui a été réglé par la superposition d’une autre grille par-dessus.

La chaudière a encore fonctionné jusqu’en 2005 date à laquelle elle a été changée, au bout de 28 ans d’excellent service. Durant cette période, de nombreuses chaudières similaires de maisons forestières voisines ont été changées plusieurs fois !

A suivre :

- du même auteur : Chauffage central, conversion du fuel au bois (pellets) dans un environnement citadin : Transition durable réussie au début du 21 ième siècle.

- Concevoir le stockage et l’usage du bois de chauffage avec le minimum de manutention, par Didier Carbiener

 

 
 

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