Planter les pommes de terre
12 mars 2009
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D’autres années, elles sont plantées plus tôt. Maintenant, la pluie ayant cessé et les températures s’élevant, c’est le moment de s’occuper des pommes de terre.

Ce ne sont pas des racines mais des tubercules. Les jardineries vendent de jeunes tubercules spécialement préparés pour produire abondamment. Dans les villages, les anciens conservent d’années en années des tubercules. Ainsi, ils sont autonomes et participent au maintien de la diversité variétale.

Les jardiniers biologiques s’approvisionnent en tubercules certifiés bio : une contrainte financière de plus mais un gage de qualité d’un bout à l’autre de la production. Que le monde serait beau si la même rigueur de contrôle qualité était imposée à tous les autres types de production !

Fertiliser le sol

La pomme de terre est très exigeante en fumure : la planter dans un sol riche, enrichi avec du fumier bien décomposé, du compost ou encore avec un amendement organique (voir article « amendement organique ») par couches de 5 cm à mélanger superficiellement au sol.

C’est un légume exigeant en potassium (symbole chimique : K). Les jardineries vendent de la potasse sous forme de complexes organiques (par exemple mélasse de betterave). Une façon plus simple et écologique consiste à enrichir le sol avec quelques poignées au m2 de cendre de bois, très riche en cet élément. Attention, sous cette forme minérale, la potasse est agressive pour les plantes et c’est la raison pour laquelle, il faut en mettre en faible quantité bien mélangée à la fumure organique.

Plantation

Les tubercules sont plantés dans des trous ou des sillons de 10 cm de profondeur, espacé de 40 cm. La distance entre les sillons est d’environ 50 cm. Attention les jeunes pousses des tubercules ne sont pas de racines mais des tiges. Il faut veiller à les disposer vers le ciel et non vers la terre !

Les pommes de terres apprécient les terres légères : un apport de sable sera apprécié. Il faut aussi veiller à éliminer les cailloux ou pierres qui gêneraient la croissance des tubercules. (Remarque valable aussi pour tous les légumes racines, en particulier les carottes.)

Puis recouvrir les pommes de terre et pailler pour éviter le dessèchement du sol.

Buttage

Lorsque les premières feuilles apparaissent, les plants doivent être buttés. Il faut rassembler la terre autour des plants en formant des cônes de 20 centimètres de haut environ. Alignés en rangées, les cônes forment une ligne continue. C’est dans ces buttes que les nouveaux tubercules se développeront.

Récolte

La récolte aura lieu au moi de juin, illustration parmi d’autres de la spécificité méditerranéenne.

La pomme de terre est en effet par excellence le légume des régions rudes (nord de l’Europe, zones montagneuses). Elle est originaire des hauts plateaux andins. En Haute Savoie, les pommes de terre sont à peine plantées au moment où en Corse, elles sont déjà récoltées. Elles seront récoltées en automne, stockées à l’ombre et à l’abri du gel.

Elles constituent l’aliment énergétique de base de toute la période hivernale. Mais ne demandez pas de faire de même en climat méditerranéen : les pommes de terres sont récoltées pour être consommées sans long stockage, le climat permettant d’avoir toujours d’autres légumes en production dans le jardin. Sauf quand le ciel ne cesse de tomber sur la tête des jardiniers désœuvrés, comme cette année historique en Corse!

Sur l’île, l’introduction et le développement de la culture date du début du 19ième siècle.

La récolte se fait en émiettant les buttes avec un outil non tranchant pour ne pas couper les tubercules : bêche à dent, croc.

Conservation

La conservation à l’abri de la lumière est indispensable. Sinon, la pomme de terre verdit et produit une substance toxique, la solanine. Elle fait partie, tout comme la tomate ou les poivrons et les aubergines, de la grande famille des solanacée, famille qui comporte nombre de plantes toxiques ou très toxiques : le datura (présent dans les friches en Corse), la belladone (mortelle), les jusquiames (partout dans les rochers et les remblais enrichis en matière nutritive, comme par exemple dans la digue du quai des martyrs à Bastia et les murs de la citadelle).

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