Planter les "légumes ratatouille"

24 avril 2009

Courgettes, concombres, courges, potirons et autres cucurbitacées

Tomates, aubergines et autres solanacées

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Cette expression adaptée est empruntée à notre spécialiste jardinier Jean-Marie Brunini, sans lequel la revue ne pourrait être animée.

Elle concerne des légumes qui apprécient la chaleur. Pour cette raison, ils sont plantés tard en saison, lorsque les températures s’élèvent et que les variations brutales s’atténuent.

Ce sont tous des légumes fort exigeants en engrais. Le recours généreux à un amendement organique de qualité est parfaitement adapté (voir article amendement organique et reportage sur Corse compostage).

Ces légumes appartiennent à deux familles, les cucurbitacées et les solanacées.

Courgettes, concombres, courges, potirons et autres cucurbitacées

Pastèques et melons

Appartiennent aussi à cette vaste famille les pastèques et les melons. La pastèque serait originaire de la haute vallée du Nil, le melon d’Afrique austral et tropicale. Ce sont le égyptiens qui dès - 500 le domestiquent et sélectionnent les fruits tels que nous les connaissons aujourd’hui. Ces plantes ont un enracinement profond, une croissance et une fructification rapide. Elles réalisent ainsi leur cycle reproductif en quelques mois en puisant les ressources en eau en profondeur du sol. L’origine de ces plantes explique aussi que se sont les moins exigeantes en eau et en fertilisants de la famille : pour ces fruits, il faut y aller avec plus de modération pour arriver à de bon résultat : 4 poignées d’amendement par poquets et un arrosage modéré, une fois par semaine, un arrosoir de 10 litres.

Le cornichon d’âne

En zone méditerranéenne, il existe une curieuse cucurbitacée sauvage : Ecballium elaterium, le cornichon d’âne. Elle se rencontre sur la zone littorale rocheuse, sur les pierres et décombres. Fin avril, elle a d’ores et déjà accomplie une grande partie de sa croissance végétative. Elle fleurit en ce moment et déjà apparaissent les fruits, sortes de «cornichons » velus. Ils ont la particularité « d’exploser » à maturité, en expulsant les graines accompagnées d’un liquide pulpeux (pouvant être irritant). Il s’agit là d’une des inventions des végétaux utilisées par certaines cucurbitacées pour assurer une efficace dispersion des semences.

Courgettes, concombres, courges et potirons

Ces plantes sont issues d’un tout autre foyer de domestication : le Mexique, d’où viennent aussi les haricots et le maïs.

Pour toutes les cucurbitacées, il existe 2 possibilités de culture.

1) Plants achetés en commerce

L’avantage est la sécurité, puisque la phase de germination a déjà été prise en charge. L’inconvénient est le nombre limité de variétés disponibles.

Avant la mise en terre, réaliser un grand trou de 50 cm de coté et 25 cm de profondeur. A la terre excavée, rajouter et mélanger une dizaine de poignées d’amendement organique. Le bon mélange et la taille du trou sont garants d’une croissance étendue des racines, gage du bon développement des plants. Il faut veiller à ce que la terre soit bien meuble et que le trou rebouché forme une cuvette retenant l’eau d’arrosage. Après plantations, bien pailler le sol sur une surface de presque un mètre carré dans le cas idéal.

Les potirons et potimarrons sont les plus exigeants en fumure. Après la récolte des premiers fruits, un griffage de la zone paillée associé à un nouvel apport de 10 poignées d’amendement organique assurera une excellente croissance des nouveaux fruits en formations.

2) Semis

L’avantage est de disposer d’un nombre considérable de variété à découvrir dans les catalogues spécialisés en graines biologiques et/ou paysannes. La germination des cucurbitacées n’est pas délicate en règle générale, mais est accélérée dans un sol chaud. Attention : les jeunes pousses sont des plus appréciées par les mollusques, au mieux de leur forme en ce printemps humide à souhait (pour eux, pas pour les jardiniers !). Il faut impérativement les protéger :

voir article " halte aux limaces et aux escargots"

Autre solution : la plantation en bacs protégés et abrités. ; puis le repiquage des plants, comme ceux achetés dans le commerce. Ou encore la plantation sous un voile de forçage.

Les conditions de préparation du sol et d’amendement sont les mêmes que pour les plants.

Place pour les coureurs …

 

Il est dénommé ainsi les cucurbitacées à fort déploiement sur plusieurs mètres. Ils pourront optimiser l’utilisation de l’espace en s’installant sur les clôtures ou encore sur les zones du jardins à forte pente. Ceci pour la partie aérienne qui porte les fruits, qui doit être bien ensoleillée.

… au pied du compost

Par contre, les pieds peuvent être idéalement implantés à l’ombre, à l’abri des assauts desséchants des rayonnements solaires. Une excellente place est par exemple la périphérie du compost. Les racines viendront s’y déployer en dessous, profitant des éléments fertilisants et d’une terre maintenue bien humide.

Tomates, aubergines et autres solanacées

Les légumes cultivés de cette vaste famille sont originaires des Amériques. Tout comme pour les cucurbitacées, le même choix peut être fait entre les semis et l’achat de plants avec les mêmes avantages et inconvénients.

A la nuance prête qu’encore plus à la recherche de chaleur, le semis gagnera en précocité s’il est réalisé sous abris. Ce qui ne veut pas dire que le semis ne peut pas être réalisé en pleine terre. D’une année à l’autre, les graines de tomates se ressèment très facilement. Les plants sortent d’un peu partout, issus du compost constitué lors de la saison précédente

F1 ?

Une des inventions agronomiques la plus voyante du siècle (dé)passé (20 ième siècle) est ce que l’on dénomme les hybrides F1. Tout étudiant en biologie ou agronomie a appris sur la foi d’une démonstration sommaire, que c’était un moyen efficace pour accroître les rendements des variétés de céréales ou de légumes.

Aujourd’hui nous savons que c’est faux. A titre d’exemple, au grand dam des semenciers, ces derniers n’ont jamais réussi à créer des hybrides F1 pour les blés. Par contre, toutes les semences de maïs sont de ce type.

Or les rendement des cultures en blés ont augmenté autant et non moins que ceux des cultures de maïs.

La seule différence est que dans le premier cas, le cultivateur est maître de ses semences qu’il conserve et ressème d’années en années. Dans le deuxième cas, il est dans l’obligation d’acheter ses semences.

Cette dépendance/perte d’autonomie est la « qualité » avérée des hybrides F1. Les semences OGM constituent l’invention suivante pour supprimer les liens entre les cultivateurs et les semences.

Alors, n’hésiter pas à faire comme vos grands-parents, qui en matière de goût de tomate, avaient un exigence certaine... : conserver vos semences des tomates les plus gouteuses et productives d’années en années.

La morelle noire et la coccinelle

En Corse et ailleurs, dans les jardins et les friches, se rencontre fréquemment une modeste solanacée, la morelle noire, à l’odeur peu attractive, qui produit de petits fruits … noirs. Pour autant, gardons nous bien de l’éradiquer : la plante est un lieu de gîte favori des coccinelles. Ces coléoptères sont parmi les plus précieux auxiliaires des jardiniers : ils se nourrissent de pucerons.

Les tomates

Pour la mise en place des plants, réaliser un trou pour permettre l’implantation en profondeur : un cube de 25 cm. Placer le plant légèrement en biais - 1 - avec une partie aérienne enfouie au moins aussi grande que la partie occupée par les racines. Ajouter à la terre 5 poignées d’amendement, mélanger et s’assurer que le mélange bien meuble est présent sous les racines à installer - 2 . Refermer le trou, installer en cuvette et pailler.

L’enterrement partiel de la tige permet au plant d’y émettre de nouvelles racines et de renforcer ainsi son assise racinaire. La tomate étant gourmande et sa production étalée, pour assurer une production continue, procéder à un griffage fin juillet en rajoutant des poignées d’amendement le long des rangs. Chaque plant doit être distant d’environ 40 cm.

Il est nécessaire de réaliser ensuite rapidement l’implantation de tuteurs. En pays méditerranéen, les tuteurs les plus facilement utilisés sont les cannes de Provence. La visite des jardins montre qu’un savoir faire diversifié et éprouvé permet d’obtenir un tuteurage efficace, solide avec un effort limité (illustration prochainement).

Les aubergines et les poivrons

La plantation des plants se réalise selon les mêmes modalités que pour les tomates. Soulignons que l’aubergine est le légume le plus exigeant de la famille : une bonne production demandera 10 poignées d’amendement, à renouveler de moitié à mi - production.

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